La jalousie chez les aînés par Eunice Telhoro

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Eunice Telhoro

A la naissance d’un nouvel enfant, on constate souvent chez les ainés une jalousie qui peut même pousser à faire du mal au nouveau-né.  Qu’est-ce qui peut expliquer cela ? 

J’aime bien l’image que donne le Docteur Fitzhugh Dodson, psychologue américain dans son ouvrage « Tout se joue avant 6 ans » qui permet de bien comprendre ce phénomène.

Si vous êtes une femme, imaginez que votre mari vous annonce qu’il prendra une seconde épouse mais qu’il continuera de vous aimer tout autant qu’avant et que cela ne changera absolument rien à votre relation.

Il vous consacrera quelques jours dans la semaine et devra consacrer les autres jours à votre coépouse.

 Puis arrive cette dernière. Toute l’attention du monde entier y compris celle de votre mari se déporte vers elle. Dès que celle-ci se plaint, votre mari se plie en quatre pour satisfaire ses moindres besoins. Mieux il lui passe tous ces caprices.

 Votre mari semble ne plus avoir d’yeux que pour elle. Lorsque vous essayez d’imiter votre coépouse pour attirer son attention, votre époux adopte une toute autre attitude : il se met en colère, se montre dur envers vous et vous demande d’arrêter toute de suite.

Comment vous sentiriez vous ? Avoir un sentiment d’injustice et éprouver de la jalousie sont les moindres des choses qui puissent arriver dans ces cas de figures. Voici comment bon nombre d’ainés vivent l’arrivée de leur cadet.

Parfois certains, pour attirer l’attention de leurs parents, rétrogradent et redeviennent des bébés. Ils pleurnichent, font leurs besoins sur eux, enchainent les gaffes… 

Entrer dans une spirale de punitions ne fera qu’aggraver la situation. Tous ces comportements agaçants devraient plutôt être interprétés comme des signaux de détresse qui révèlent un besoin d’attention. 

Comment un parent peut-il aider son enfant à surmonter cette jalousie ?

fréres et soeurs qui se disputent

Le parent doit préparer l’enfant à la naissance de son petit frère ou de sa petite sœur.

Il peut lui annoncer que papa et maman devront aussi s’occuper du nouveau-né mais que cela ne changera rien à leur amour envers lui.

Il pourrait aussi lui faire savoir qu’il serait ravi qu’en tant que grand-frère, il aide à s’occuper du nouveau-né. Jusque-là, tout va bien.

Lorsque bébé arrive (et c’est là que le plus dur commence), les parents doivent veiller à accorder à l’ainé, la dose d’attention dont il a besoin pour son équilibre et ce en dépit de la fatigue, des visites… Ce n’est pas du tout évident en pratique mais il est important de s’efforcer de le faire.

Dans le cas où la maman se fait aider par une tierce personne. Elle pourrait laver son ainé et pendant ce temps, laisser la personne en question donner le bain à bébé, de temps à autres.

Si maman ne s’occupe exclusivement que de bébé, l’ainé se sentira lésé surtout si elle avait l’habitude de le doucher avant.

Un autre point qui peut aider, c’est d’impliquer l’aîné dans les soins donnés à bébé et de lui témoigner de la reconnaissance : « Merci d’avoir ramené la serviette de ton petit frère », « Merci d’avoir rangé le biberon de ta sœur », « Tu es un super grand frère ».

Il est aussi important que les parents soient présents auprès de l’ainé et qu’ils se réservent des temps exclusifs avec ce dernier. En Afrique, lorsque certaines mamans accouchent, elles vont rester quelques jours chez la grande famille pour se faire aider. L’ainé qui reste à la maison peut se sentir abandonné.

Lorsque les parents s’absentent à cause du bébé (consultations, vaccinations, etc.), ils peuvent passer un coup de fil à l’aîné pour lui dire qu’ils pensent à lui et pourquoi pas lui signifier dans quel endroit de la maison il pourra trouver une surprise qu’ils lui auront préparée.  

Toutes les astuces susmentionnées ne vont pas forcément empêcher la jalousie, mais elles auront le mérite d’atténuer ses effets.

 ​Cette jalousie si elle n’est pas surmontée peut-elle avoir des conséquences dans la vie adulte des enfants ? Si oui lesquelles

Effectivement il peut y avoir des conséquences dans la vie adulte : un mal-être intérieur qui provoque de l’envie, de la jalousie, une compétition permanente, une recherche insatiable d’attention, une faible estime de soi, de la colère, de l’agressivité.

 C’est malheureux de voir des frères adultes se sentir en compétition permanente les uns contre les autres, s’intenter des procès, être incapables de se réjouir sincèrement quand l’un a un événement heureux.

Pour éviter que cela n’arrive, les parents ont tout intérêt à remplir correctement le vase émotionnel de chacun de leurs enfants : ainé, cadet, benjamin, tous ont besoin d’amour et d’attention !

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