C’est déjà les fêtes et tous les parents ont pris d’assaut les magasins pour habiller leurs enfants. On assiste progressivement à une transition des vêtements de la petite fille vers un style plus « femme ». Ce phénomène est appelé l’hypersexualisation de la petite fille.

En effet quasiment toutes les petites filles ont déjà essayé au moins une fois de porter les effets de leurs mamans pour jouer à « la grande ».
Cependant force est de constater que ce que certaines faisaient pour jouer est en train de devenir une véritable tendance mode pour beaucoup.
Vêtements sexy, allure de « femmes » au lieu de la classique robe de princesse ou de la tenue en tissu pagne. La petite fille ressemble de plus en plus à une femme en miniature pour les fêtes.
Qu’est ce que l’hypersexualisation de la fille?
Entendre parler d’hypersexualisation pourrait vous effrayer car cela vous fait directement penser à la sexualité.
Est-ce qu’il s’agit de vos princesses qui deviennent sexuellement actives ? Il n’en est rien rassurez-vous !
La définition de l’hypersexualisation
En fait c’est un terme dont la définition est assez vaste. Pour faire simple, c’est le fait de donner un caractère sexuel à un produit ou un comportement qui n’a au premier abord rien de sexuel.
Particulièrement dans le cas de la petite fille ou de l’adolescente il s’agit de la manière de s’habiller, des attitudes et des expressions jugés trop précoces.
Quelles peuvent en être les Causes ?
En 2020 La cinéaste Maimouna Doucouré sors le Film » Mignonnes » qui illustre bien ce phénomène. Elle met en scène des pré-adolescentes qui se la jouent « Bad girls « . Leur accoutrement, leurs attitudes jusqu’à leur manière de danser sont assez suggestifs.
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Cette fiction donne un aperçu du rôle des magazines, de la publicité et de la télévision sur les fillettes. Elle relève également les effets de La recherche de popularité et du divertissement sur l’évolution de l’hypersexualisation des jeunes .
Notons cependant que même les jouets contribuent à renforcer cette tendance. Des poupées relookées en plus sexy voire même gothiques sont de parfaits exemples.
Des dessins animés dont les héroïnes sont hyper féminines et très soucieuses de leur apparence ne sont pas en reste.
Les marques de vêtements et cosmétiques s’en mêlent aussi. Notamment avec des vêtements sexys jusqu’aux strings pour fillettes. Ne parlons pas de maquillage, vernis et autres…
Difficile pour la petite fille d’aujourd’hui de ne pas se façonner une image plus girly.
Comment se manifeste l’hypersexualisation chez les choupinettes ?
Si la période des fêtes de fin d’année était l’occasion pour les mamans de choisir la plus belle des robes qui ferait pâlir de jalousie les copines aujourd’hui les choses ont changé.
Au Cameroun par exemple, pour de nombreuses familles après le repas de fête pris ensemble, les enfants peuvent enfin parader avec leurs beaux vêtements et là il est facile de constater que la tenue de princesse laisse peu à peu place à des looks plus rocks et « branchés ».
De princesses à Lolitas
« Adieu la paire de ballerine ou de babies avec chaussettes blanches bienvenue aux chaussures à talons ou compensées. Les robes se raccourcissent et moulent près du corps. «
Les T-shirts rétrécissent. Exit les robettes et bonjour les mini culottes, mini jupes et les jeans « destroys ».*
Les coiffures ont également pris beaucoup de couleurs et de longueur. Certaines vont jusqu’au port des perruques ou des greffes, des ongles et même des cils et du make up, etc.
Bref celles qui font le choix de rester un peu plus classiques commencent à passer pour des ringardes aux yeux de leur amies aux looks de starlettes.

Un choix délibéré des parents
La vérité est qu’ aucun enfant ne peut de lui même s’offrir certains vêtements. C’est donc chaque parent qui décide ce qu’il veut pour son enfant.
Famille 2.0 à donc essayé de se rapprocher de parents qui ont choisi de sortir de la routine habituelle des tenues vestimentaires et coiffures « sages » pour comprendre leurs positions
» Pour Marine dont la fille (3 ans) portait une perruque lors de la cérémonie d’arbre de Noël de son école, il est question de cacher les cheveux de sa fille. Ils sont selon elle très compliqués à coiffer à cause de leur volume. «
Quand à Juliette, elle voit en sa fille (8 ans) sa complice. Une sorte de « mini moi« . Alors elle veille à porter les mêmes tenues et accessoires que celle ci, et pousse jusqu’au maquillage parfois.
Pour Hermione sa fille est sa petite star partout où elle passe. Elle apprécie les regards sur sa fille.
Quand à Martin sa princesse lui a dit « Papa je ne veux plus de robes, je ne suis plus une petite fille ! »
Les raisons sont ainsi multiples et diverses en fonction de chaque parent , le plus important étant que chacune soient motivés par des bonnes intentions.
Les potentiels dangers de l’hypersexualisation des petites filles
Vu qu’il n’est donc plus rare de rencontrer des gamines dans des accoutrements un peu plus élaborés pour leur âge ou tout simplement tape à l’œil. Ceci en particulier pendant les festivités de fin d’année. Il faut savoir que l’hypersexualisation des enfants à certaines implications à considérer.
Les risques pour la société
Même si le phénomène a moins d’ampleur qu’en Occident il faut remarquer qu’il inquiète. En effet les conservateurs et les traditionalistes voient l’hypersexualisation comme un réel danger pour les plus jeunes .
Premièrement parcequ’elle accentue la perte des valeurs qu’ils décrient depuis longtemps. Il faut savoir que l’accoutrement n’est qu’un élément d’un tout. Il y a également la gestuelle (comme des grandes) et parfois les expressions qui l’accompagnent qui peuvent parfois choquer.
Deuxièmement, parce que la petite fille est avant tout un enfant et doit le rester. Et en l’habillant comme une femme on affecte d’une manière ou d’une autre son âme d’enfant.
Un cri d’alerte des spécialistes
Les petites filles adorent jouer et imiter leur mamans et tant que cela reste dans le cadre du jeu il n’y a rien de bien alarmant. Cependant dès que cela devient leur quotidien le risque de brûler les étapes dans leur croissance émotionnelle grandit.
Dans une interview au magazine Le Point, Claude Halmos, spécialiste de la petite enfance l’a très bien souligné. « Si elles sont déjà grandes quel besoin ont-elles de grandir ? » s’interroge t-elle.
Évidemment il devient compliqué pour ces gamines de ne pas se prendre pour des femmes. Cela peut en arriver parfois jusqu’au conflit avec leur mère ou toute forme d’autorité plus tard dans l’adolescence.
Même si avoir une apparence plus féminine n’a pas de véritable incidence sur la précocité sexuelle. Cela peut néanmoins affecter le regard de la jeune femme vis à vis de son corps et des relations amoureuses et sexuelles à l’âge adulte.
La jeune femme de demain aura donc cette tendance à mettre son corps en avant au détriment de toutes les autres qualités qu’elle a.
L’hypersexualisation peut entraîner une pression sur l’estime de soi des filles. L’envie de plaire à tout prix et à tous les prix peux conduire à des excès.

Pour terminer la plus grande menace reste celle des prédateurs sexuels. Aujourd’hui les faits divers d’abus sur mineurs sont quotidiens dans les médias. Le fait de « déguiser » les gamines en petites femmes accentue encore le vice chez ces pervers. De ce fait ils le perçoivent comme une invite voire une provocation.
Par exemple, Les transformations physiques (décapage), les effets sur la santé à la recherche de la silhouette parfaite( anorexies). Les dérapages sur les réseaux sociaux des adolescentes sont désormais légion pour le buzz.
Voilà pourquoi les professionnels interpellent les parents à une prise de conscience des risques et dangers potentiels.
Finalement, il revient à chaque parent de choisir la tenue idéale pour sa choupinette en ces occasions spéciales. Ce choix se fait selon ses convictions, ses goûts et ses désirs ou ceux de l’enfant mais surtout selon sa bourse.
Et vous comment avez-vous décidé d’habiller vos filles pour les fêtes de Noël ? Découvrez quelques idées de tenues ici.
Êtes-vous plutôt de la vieille école ou avez vous opté pour un look super tendance ?
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